Une conférence en khâgne, et une éclipse éclipsée...

Publié le par Lycée Léon Blum

Une conférence en khâgne, et une éclipse éclipsée...

A l’occasion de l’éclipse ayant eu lieu en fin de matinée, le 20 mars 2015, Emmanuel Marcq, astrophysicien et enseignant-chercheur à la Faculté de Versailles Saint-Quentin, est intervenu en classe de Khâgne au lycée Léon Blum durant notre cours de philosophie, à l'invitation de notre professeur, Roland Echinard, afin de nous expliquer de manière concise un des phénomènes célestes les plus impressionnants, et plus largement de nous familiariser avec les démarches de la recherche en astrophysique. Cette conférence s’est avérée particulièrement intéressante pour notre préparation au concours des ENS, dont le thème en philosophie est cette année la science.

Malgré un temps peu favorable à l’observation directe de cette éclipse, nous avons tout de même pu, grâce au logiciel Celestia (un outil scientifique qui permet d’avoir une représentation du ciel en faisant varier le point de vue), assister à la simulation de cette éclipse partielle du Soleil. Une occasion pour nous de distinguer science d'observation et science expérimentale, de mettre en perspective l'explication scientifique et la modélisation théorique !

Cette conférence a donné en premier lieu la parole à Auguste Comte, philosophe du XIXe siècle et fondateur du positivisme, qui affirmait que de tous les aspects de la nature que l’on puisse connaître, la composition chimique des astres (étoiles ou planètes) resterait la plus inaccessible au savoir de l’homme. La conférence permettait la réfutation de la thèse de Comte, en montrant que nous savons à présent décrire la composition chimique de chacune des planètes de notre système solaire, ainsi que celle des étoiles. Emmanuel Marcq nous a expliqué comment l’étude des spectres lumineux pouvait nous apprendre la composition des atmosphères des objets observés. Pour cela, nous avons étudié le spectre d’émission du Soleil où nous avons pu constater la présence de raies d'émission, ces raies brillantes, accessibles à l’observation humaine, étant la signature des éléments chimiques présents dans la photosphère solaire. La position exacte des raies est caractéristique de chaque gaz et c'est également celle des raies d'absorption, raies sombres qui peuvent être obtenues expérimentalement en plaçant le gaz étudié devant une source de lumière blanche. La spectroscopie révèle ainsi, au cœur même de la lumière que nous recevons des objets, des informations extrêmement précises sur leur constitution ; il est donc sans doute imprudent de poser a priori une limite aux conclusions que nous pouvons tirer des phénomènes, même si ces connaissances restent forcément dans les bornes de nos méthodes d'investigation, qui excèdent déjà, de beaucoup, celles de notre perception.

Emmanuel Marcq a poursuivi son exposé sur l’histoire des sciences pour conclure sur l'intérêt épistémologique des erreurs fréquemment rencontrées dans le domaine scientifique.

Le déroulement de cette conférence, malgré les conditions météorologiques, nous a profité énormément et nous remercions infiniment notre intervenant Emmanuel Marcq pour sa présence.

Julienne Girard (Khâgne)

Publié dans CPGE, Actualités

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