Les CPGE Cinéma à l'heure japonaise...

Publié le par Lycée Léon Blum

Les CPGE Cinéma à l'heure japonaise...

Mercredi 4 mars 2015, de 14h à 17h, le Lycée Léon Blum a accueilli un cycle de conférences sur le cinéma classique japonais (la nouvelle question au programme 2015 du concours des ENS) réunissant à l'attention des khâgneux et des hypokhâgneux trois spécialistes de ce domaine : Mathieu Capel (docteur en Etudes Cinématographiques, critique et traducteur du japonais), Michael Lucken (Professeur et directeur du Centre d'Etudes Japonaises à l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales) et Emmanuel Lozerand (ancien élève de l'ENS LSH, Professeur de langue et littérature japonaises à l'INALCO). Une précieuse contribution à leur préparation que racontent deux de nos khâgneuses :

Mercredi 4 mars, nous avons eu la chance de recevoir au lycée Mathieu Capel, Michael Lucken et Emmanuel Lozerand pour nous éclairer dans nos lectures (et surtout nos visionnages) du cinéma classique japonais.

On ouvre grand nos oreilles et on s'interroge tout d'abord, avec Mathieu Capel, sur l'existence prétendue d'un âge d'or du cinéma japonais, sur la cohérence (ou non) d'un corpus national et sur sa périodisation. C'est l'occasion pour lui de revenir sur l'hypothétique rupture qui oppose cet âge d'or à la Nouvelle Vague japonaise, notamment au regard de l'œuvre d'Akira Kurosawa. Tout en nuances, son regard redonne à l'œuvre du cinéaste à la fois une cohérence et une diversité.

Michael Lucken s'intéresse à son tour à Kurosawa et plus particulièrement aux "traces" de la guerre présentes dans Vivre (1952). Son point de vue d'historien de l'art met en avant l'ancrage de l'œuvre dans le contexte d'après-guerre du Japon, à la lumière des métaphores et des traces photographiques présentes dans le film. Si notre programme propose un axe historique et un axe esthétique, M. Lucken nous montre combien ces deux aspects se mêlent inextricablement.

Cette question historique et esthétique est redoublée avec l'enjeu de l'adaptation qui concerne plusieurs films de notre période et notamment L'Intendant Sanshô, dont le récit de Mori Ôgai a été adapté par Mizoguchi Kenji. Spécialiste de littérature japonaise, Emmanuel Lozerand revient sur les écarts que proposent les différentes écritures (de la légende au récit, et enfin à celles des deux scénaristes du film). Revenir sur l'origine littéraire de l'œuvre permet paradoxalement de mieux souligner les particularités du langage cinématographique de Mizoguchi. Mettant en relief les écarts que proposent le film, E. Lozerand révèle les choix propres du cinéaste et son interprétation de la légende en 1954.

Ainsi les regards se croisent, se posent sur différents films et s'attaquent à différentes questions soulevées par le corpus de notre programme. Le cinéma classique japonais de 1950 à 1962 voit ses frontières géographiques et temporelles réinterrogées au fil de l'après-midi. C'est l'occasion pour nous, "observateurs lointains" de poser de nombreuses questions auxquelles chacun des conférenciers nous offre différentes clefs ; celles-ci ouvrent de nouvelles portes, les questions qui se multiplient et resteront ouvertes. C'est bientôt l'heure de nous quitter, le lycée va fermer.

Nous remercions encore chaleureusement Mathieu Capel, Michael Lucken et Emmanuel Lozerand pour leur riche intervention au sein de notre lycée.

Pour les cinéphiles des classes préparatoires, Lucile Combreau et Charlotte Domingos.

Titres des interventions :

1- Mathieu Capel : Les années 1950, un âge d'or du cinéma japonais ?

2- Michael Lucken : Vivre (Ikiru, 1952), de Kurosawa Akira : les "traces" de la guerre

3- Emmanuel Lozerand : L'Intendant Sanshô (Sanshô dayû, 1954), du récit de Mori Ôgai au film de Mizoguchi Kenji.

Films évoqués :

- Les Sept samouraïs (Kurosawa, 1954)

- L'Intendant Sanshô (Mizoguchi, 1954)

- Le Château de l'Araignée (Kurosawa, 1957)

- Les Salauds dorment en paix (Kurosawa, 1960)

- Contes cruels de la jeunesse, (Oshima, 1960)

- Bon à rien, (Yoshida Kijû, 1960)

- Jose Torres, documentaire de Teshigahara Hiroshi, 1959

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